Ces dernières années, la question de l’énergie nucléaire est progressivement revenue au cœur du débat européen. Après des décennies marquées par une volonté de sortir progressivement du nucléaire, le nouveau contexte énergétique et géopolitique a remis ce sujet à l’ordre du jour auprès des gouvernements, des entreprises et de l’opinion publique.
Parmi les cas les plus observés, on trouve ceux de l’Italie et de l’Allemagne, deux des principales économies européennes qui avaient choisi d’interrompre leur programme nucléaire et qui mènent aujourd’hui une réflexion approfondie sur le rôle que cette technologie pourrait jouer dans la transition énergétique. Un sujet qui nous tient particulièrement à cœur chez Brian and partners.
Aujourd’hui, en raison de la crise énergétique, notamment due à la situation géopolitique mondiale, on recommence à en discuter sérieusement.
Le coût de l’énergie, l’autonomie et la question de la sécurité d’approvisionnement ont replacé le nucléaire au centre du débat européen. Outre la réduction des émissions, il garantirait une source stable et totalement autonome, réduisant ainsi complètement la dépendance vis-à-vis de l’étranger. Stefano Besseghini, ancien président de l’ARERA, et Luca Mastrantonio, PDG de Nuclitalia, ont précisé lors de leur intervention au Festival de l’économie que plus de 90 % de ce qui est nécessaire au nucléaire est disponible en interne.
En Italie, le débat s’est ravivé notamment grâce à l’évolution technologique du secteur, avec une attention particulière portée aux nouvelles générations d’installations et aux réacteurs modulaires de petite taille, qui promettent une plus grande flexibilité de conception et des délais de développement différents de ceux des centrales traditionnelles.
Parallèlement à la reprise du débat sur la politique énergétique, une approche visant à modifier la relation entre les infrastructures énergétiques et les communautés locales est en train d’émerger en Italie. L’idée est de permettre aux communes de se porter volontaires pour accueillir d’éventuelles infrastructures liées au nucléaire, dépassant ainsi la logique d’une localisation exclusivement centralisée. L’objectif déclaré est de construire une voie fondée sur l’adhésion territoriale, le développement économique local, le partage des bénéfices et une meilleure acceptabilité sociale.
Pour un pays à forte base industrielle, comme l’Italie, la question devient également centrale dans la politique économique. Participer à la croissance du secteur signifie évaluer s’il faut développer des capacités internes ou dépendre entièrement d’opérateurs et de technologies étrangers.
Au-delà de la question énergétique en soi, une telle transition conduirait à la création de filières industrielles italiennes, avec le développement de compétences, de composants, de la recherche, de l’ingénierie, de la construction et des services liés au nucléaire. L’objectif est de ne pas dépendre entièrement de la technologie étrangère.
Dans l’ensemble, des questions importantes restent donc en suspens, telles que les délais de mise en œuvre, la viabilité économique, la gestion des infrastructures, l’adhésion de la société et l’intégration avec les énergies renouvelables, mais l’avenir du pays et de l’Europe ne peut faire l’impasse sur le nucléaire.
